Hiromix | interview


Q: MINIMIX A: HIROMIX

Q: Après quelques jours passés pour la première fois à Paris en juillet dernier pour préparer ton exposition, qu'as-tu découvert à Paris? Qu'as-tu aimé?

A: J'ai été frappée par son élégance. Les gens savent ce qu'est l'élégance. La ville a ses petits détails: regarde la poignée de cette cabine téléphonique Au Japon, personne, et surtout pas la NTT, n'aurait l'idée ou la fantaisie de réaliser une poignée en forme de logo en acier sur une porte vitrée. C'est classe!

Q: Comment as-tu trouvé les gens?

A: Les gens ont un discours philosophique. Pendant certaines interviews, j'ai été surprise par le sens de l'analyse des français. Il pensent plus que les japonais qui s'arrêtent souvent à la forme.

Q: Y-a-t-il des des images, des visuels qui t'on marqué?

A: Le ciel est géant. Illimité, vaste par rapport à Tokyo. La lumière de la ville est belle. L'air est différent. En ce qui concerne les supports papier, j'ai l'impression que le graphisme y est moins tape à l'il. Il y a une élégance graphique. Les livres et les magazines de mode japonais n'ont pas cette élégance. Le design est soit mauvais, soit copié sur l'Occident, soit exagéré. Le design ou la direction artistique écrase totalement le contenu. C'est d'ailleurs pour cela que je ne confie la mise en page de mes photos à personne au Japon.

Q: Qu'est ce qu'il y a à Paris qu'il n'y a pas à Tokyo?

A: Des framboises, des myrtilles et des mûres fraîches pas chères sur les marchés populaires. A Tokyo, c'est un luxe et ça coûte une fortune. (rire) Paris est un lieu ouvert à l'art contemporain. On me considère comme artiste, et pas comme une petite fille. Les entrées aux galeries sont gratuites, cela peut paraître juste et évident, pourtant au Japon ce n'est pas toujours le cas. Les français sont "my pace" individuels et indépendants. Au Japon il faut toujours être "socialy correct" avant de penser à soi-même. J'aime cet esprit individuel français, ce mode de vie bien moins étouffant qu'au Japon.